
© Genève Aéroport
São Paulo en avril 2027, Montréal l’été prochain, Vilnius, Sarajevo ou l’île de Man : Genève Aéroport étoffe sa connectivité internationale sans escale. Au-delà du tourisme, ces liaisons renforcent notre économie régionale tournée vers l’international et les relations avec le monde.
Pour la première fois, on pourra rejoindre l’Amérique du Sud depuis Genève sans escale. LATAM Airlines Brasil ouvrira en avril 2027 une liaison avec São Paulo, annoncée le 30 octobre par l’aéroport. LATAM exploitera trois vols par semaine entre Genève et São Paulo. La vente est ouverte depuis le 1er novembre, et Genève deviendra la onzième destination européenne de la compagnie brésilienne.
Pour Jean-François de Saussure, directeur général de Genève Aéroport, se réjouit de cette excellente nouvelle pour toute la région. «Cette liaison directe était attendue de longue date par les acteurs diplomatiques, économiques et touristiques, ainsi que par la nombreuse communauté brésilienne qui vit dans notre bassin », confirme le dirigeant. Jean-François de Saussure souligne aussi que l’ONU, ses agences et de nombreuses multinationales entretiennent des liens étroits avec le Brésil.
Le Brésil est aussi un partenaire commercial important de notre pays. La ligne a aussi un volet marchandises. Elle offrira une capacité hebdomadaire de 36 tonnes au départ de Genève et de 55 tonnes dans l’autre sens, de quoi servir la pharmacie, la chimie et l’horlogerie. Pour ce fret, l’aéroport estime que la ligne brésilienne peut raccourcir d’au moins huit heures le transit de certains envois, en évitant le camionnage depuis d’autres aéroports européens.
L’Amérique du Nord n’est pas en reste. Air Transat reliera Genève à Montréal deux fois par semaine, de juin à octobre 2027, en concurrence avec Air Canada, présente sur cet axe depuis plus de quinze ans. Le Temps relève que le trafic vers les États-Unis recule, alors que celui vers le Canada et la Chine progresse, en reflet des stratégies géopolitiques qui évoluent fortement depuis 2025.
Scandinavie, Baltique et Europe de l’Est
Le nord de l’Europe était déjà bien relié à la cité de Calvin. En effet, Genève Aéroport offre des vols directs vers Tromsø, Stockholm, Copenhague, Oslo, Helsinki et Göteborg, et Icelandair propose deux vols hebdomadaires vers Reykjavik. La nouveauté de l’hiver est Vilnius, avec airBaltic : un vol par semaine, le samedi, du 2 janvier au 20 mars 2027. Le calendrier vise la saison de ski, puisque la compagnie présente ses lignes hivernales vers Genève comme des destinations prisées des amateurs de sports d’hiver.
Le réseau continue aussi à s’étendre vers l’est. En effet, la capitale géorgienne Tbilissi est desservie par easyJet depuis 2025, Bucarest par AnimaWings depuis le printemps et Chisinau par FlyOne depuis juillet. La capitale moldave est reliée sans escale, en moins de trois heures. En avril 2027, easyJet ajoutera Sarajevo, avec deux vols par semaine. Côté îles britanniques, easyJet lance en décembre un vol hebdomadaire vers l’île de Man, sa première route internationale au départ de l’île.
Un choix élargi avec des villes déjà reliées
Tout ne passe pas par de nouvelles villes, car le réseau peut aussi s’étoffer en rajoutant de nouvelles plateformes sur une route existante. Dans ce sens, easyJet vole désormais vers Milan-Linate six fois par semaine depuis le 25 octobre, avec un accent mis sur les voyageurs d’affaires. À Londres, Jet2 ajoute quatre vols hebdomadaires vers Gatwick et un vers Luton, en plus d’easyJet, British Airways, SWISS et TUI Airways.
Depuis septembre, easyJet a repris les vols directs vers Hambourg, une route qu’elle avait desservie jusqu’en 2020 – une situation étonnante au du potentiel économique des deux cités. Quant à Air Europa, elle relie Genève à Madrid depuis le 19 juin, avec deux vols par jour, et ouvre l’accès à 22 destinations d’Amérique du Sud. L’aéroport en fait déjà un argument : il promeut cinq villes sud-américaines à une seule correspondance.
Pourquoi le direct change la donne
Le poids de la connectivité est chiffré et son impact positif sur toute la région est connu et démontré. En 2024, l’activité liée à Genève Aéroport a généré environ 3,3 milliards de francs de valeur ajoutée et soutenu 21’930 emplois à plein temps. L’étude soulignait le rôle crucial de la connexion aérienne pour les entreprises, le tourisme et la Genève internationale.
Le vol sans escale fait gagner un temps précieux. Au-delà du temps économisé en vol pur, chaque escale augmente aussi les risques de retard et de correspondances ratées pour des raisons de météo ou d’exploitation des aéroports. Genève–São Paulo se fera en environ douze heures, contre près de quinze heures et demie en moyenne avec une correspondance… Vers Chisinau, le vol direct prend moins de trois heures, une immense économie de temps que le passage par Varsovie ou Vienne, avec un trajet en 4h et 6h ou encore par Istanbul avec un voyage qui dure de 6h à 9h. Pour l’île de Man, environ deux heures un quart contre plus de quatre heures et demie via Zurich.
L’enjeu dépasse le confort. La ligne vers São Paulo sert d’abord les secteurs exposés de la place genevoise (pharmacie, horlogerie, organisations internationales), Montréal renforce le lien transatlantique, et les liaisons régionales nourrissent le tourisme. Pour une ville qui vit de ses échanges avec le monde, chaque nouvelle ligne sans escale est une brique de plus pour consolider la prospérité de la région.
