
L’Aéroport de Sion © Etat du Valais
À chaque débat sur les aéroports, la même image revient : celle de riverains excédés, prisonniers du bruit. L’enquête « Aviation suisse » conduite par Sotomo pour Aviationsuisse et publiée en avril 2026 raconte une histoire bien différente, fondée sur 1210 entretiens menés au sein des bassins de Zurich, Bâle-Mulhouse-Fribourg et Genève. Pour AERIA+, l’Association économique romande pour une infrastructure aéroportuaire performante, ces données viennent confirmer ce que les acteurs locaux constatent au quotidien.
Le rapport pose un constat synthétique sans détour : « Les régions aéroportuaires séduisent par leur desserte en transport, leur offre de services et d’emploi. » Côté chiffres, 94 % des riverains se déclarent satisfaits des liaisons de transport, 94 % de l’offre de loisirs de proximité, 90 % de l’offre de services et 78 % des possibilités d’emploi. Sur ces trois critères structurants – transports, services, emploi – les régions aéroportuaires obtiennent même de meilleurs résultats que le reste de la Suisse.
La cartographie régionale apporte des précisions éclairantes. Autour de Bâle, 97 % des riverains saluent la desserte en transport, 96 % l’offre de services et 86 % les possibilités d’emploi. Autour de Zurich, on relève respectivement 91 %, 85 % et 73 % de satisfaction. À Genève, les chiffres sont également solides : 94 % pour la desserte en transport, 87 % pour l’offre de services. Et le rapport insiste : dans la région zurichoise, plus d’un tiers des riverains utilisent l’offre de services aéroportuaire plusieurs fois par mois, même sans prendre l’avion. Les aéroports ne sont pas que des plateformes de transport, ce sont aussi des centres de vie.
Et le bruit ? Les régions aéroportuaires sont objectivement plus exposées que le reste de la Suisse, mais le rapport rappelle un fait souvent occulté : près de deux tiers des riverains ne se sentent pas gênés ou peu gênés par le bruit des avions. Le rapport conclut que, « dans l’ensemble, il apparaît que les avantages de vivre à proximité d’un aéroport l’emportent ».
Conséquence logique : la population romande comme alémanique défend très clairement le statu quo réglementaire. 65 % des riverains considèrent même la réglementation actuelle comme un avantage pour la Suisse. Le rapport en tire un message non équivoque : « Les horaires d’exploitation ne doivent être ni prolongés ni raccourcis. », ce qui va dans le sens prévu actuellement par la révision en cours de la loi sur l’aviation. Et lorsqu’on évoque l’avenir, la population se tourne vers le développement, pas vers la restriction. Le rapport l’affirme : la population « privilégie ainsi un développement de l’aviation par l’extension des capacités plutôt que par des modifications des horaires d’exploitation ».
Pour AERIA+, la lecture est claire. La promotion de la plateforme aéroportuaire romande, comme celle des autres aéroports nationaux, ne s’oppose pas à la qualité de vie locale : elle la nourrit. Les Suisses – qui vivent autour des pistes ou pas – le confirment, enquête après enquête.
Source : étude « Aviation suisse », Sotomo pour Aviationsuisse, avril 2026 (autrices : Nadja Rohner, Lisa Frisch).
