
Une enquête d’envergure, mandatée par Aviationsuisse et réalisée par l’institut de recherche zurichois Sotomo, vient de livrer un verdict sans ambiguïté : la population helvétique entretient un rapport globalement positif avec son aviation.
Conduite entre le 22 janvier et le 5 février 2026 auprès de 3 734 personnes représentatives de Suisse alémanique et romande, l’étude « Aviation suisse » publiée en avril 2026 dessine le portrait d’un pays qui assume ses liaisons aériennes, en mesure les bénéfices économiques et défend, dans sa majorité, l’extension de ses capacités plutôt que leur restriction.
Premier enseignement : 55 % des Suisses se déclarent fiers de leur aviation. Plus largement, 61 % des personnes interrogées portent une opinion positive sur les voyages en avion, et 67 % considèrent l’aviation comme une chance pour la Suisse, contre seulement 24 % qui la décrivent comme un fardeau.
Cette adhésion s’accompagne d’une reconnaissance claire du poids économique du secteur. Quatre cinquièmes de la population (80 %) attribuent à l’aviation un rôle important pour l’économie suisse. Les chiffres rappelés par les autrices étayent cette intuition : selon les données INFRAS 2025 commandée par l’OFAC et reprises dans l’étude, les retombées économiques générées directement et indirectement par les entreprises implantées dans les aéroports nationaux s’élevaient à 12,1 milliards de francs en 2024, soit 1,5 % du PIB suisse.
Le rôle du fret aérien dans le commerce extérieur reste pourtant largement sous-estimé et mérite d’être souligné. En valeur, 52,1 % des exportations suisses transitent par voie aérienne, soit 205,3 milliards de francs en 2024. La population estime cette part à 36,9 % en moyenne. Le rapport résume ce décalage en une formule : « L’importance économique du tourisme est surestimée, celle des importations et exportations de marchandises est sous-estimée. » Un point important pour un pays exportateur comme la Suisse, dont la prospérité repose sur l’intégration internationale.
Le hub intercontinental de Zurich cristallise cette importance : 79 % de la population lui accordent une grande importance économique, alors l’aéroport international de Genève est jugé important par 61 % des Suisses – un chiffre à mettre en perspective avec une majorité de répondants alémaniques. Les aéroports suisses jouissent d’une excellente réputation, 46 % de la population les considérant meilleurs que la moyenne européenne, contre 3 % seulement qui les estiment moins bons.
Cette reconnaissance se traduit politiquement : une majorité des Suisses se prononcent en faveur d’un renforcement du trafic aérien afin de préserver les liaisons internationales et la compétitivité économique du pays. Les liaisons directes (jugées importantes par 76 % des sondés) et la bonne accessibilité des aéroports (61 %) figurent parmi les attentes les plus fermes. Et 92 % des grands voyageurs (plus de cinq vols en deux ans) jugent les liaisons directes importantes.
Au final, l’enquête Sotomo confirme scientifiquement une réalité importante que les acteurs de l’aviation peuvent désormais rappeler sans réserve : l’aviation est non seulement appréciée à titre individuel, mais légitimée à titre collectif. Pour une nette majorité de Suisses, les avantages perçus pour le pays l’emportent sur les coûts. Un message clair, à l’heure où le débat public sur la mobilité s’intensifie, tout comme les pressions extérieures sur la prospérité Suisse.
Source : étude « Aviation suisse », Sotomo pour Aviationsuisse, avril 2026 (autrices : Nadja Rohner, Lisa Frisch). Données économiques tirées du rapport INFRAS 2025 « Importance économique de l’aviation civile en Suisse ».
