Crise au Moyen-Orient et kérosène : Genève Aéroport tient bon
Actualité
22 Mai, 2026

Revue de presse – Plusieurs médias romands ont consacré début mai des enquêtes aux conséquences de la crise au Moyen-Orient sur l’aviation suisse et, plus spécifiquement, sur l’approvisionnement en kérosène à Genève Aéroport. Le constat est partagé : la plateforme genevoise tient bon grâce à la solidité de sa chaîne logistique, même si l’horizon estival reste à surveiller.

Un approvisionnement assuré à Cointrin

Le Temps publie le 6 mai 2026 un article signé Richard Etienne intitulé « Le kérosène manque? Pas à l’aéroport de Genève pour le moment ». Le journaliste recueille les témoignages des opérateurs locaux: Sappro, qui exploite l’oléoduc reliant les raffineries du sud de la France aux citernes de Vernier, ainsi que Saraco et GFS. Les trois entreprises indiquent ne constater aucune difficulté particulière d’approvisionnement en Jet A-1 à Cointrin.

Le même jour, 20 minutes confirme que Swiss et easyJet maintiennent leurs opérations normalement depuis Genève, alors que la presse internationale évoque des risques de pénurie et des milliers de vols supprimés dans le monde. Thomas Uriot, directeur de Sappro, affirme: « La ressource est là ».

24 heures rapporte néanmoins, dans son édition du 6 mai, que les directeurs de Sappro et de Saraco « disent ignorer combien de temps l’approvisionnement restera garanti ». Le contexte international reste tendu: selon le Financial Times cité par le quotidien, deux millions de places ont été supprimées des programmes de vols du mois de mai à l’échelle mondiale au cours des deux semaines précédentes.

Le directeur de Genève Aéroport se veut rassurant

Le 18 mai 2026, le nouveau directeur de Genève Aéroport Jean-François de Saussure, en poste depuis novembre, est l’invité du 19h30 de la RTS. Il se veut rassurant: « Les réservations sont très bonnes, et nous ne voyons pas de raison de ne pas voyager cet été ». Selon les chiffres communiqués, l’aéroport, fortement exposé aux liaisons avec le Moyen-Orient, perdait initialement environ 650 000 francs par semaine au début du conflit, contre 80 000 francs aujourd’hui.

Le directeur évoque également un défi structurel: la contraction des effectifs des organisations internationales. Selon les données relayées par 24 heures le 18 mai, entre 10 et 15 % des 32 000 fonctionnaires internationaux « ont perdu ou perdront leur emploi », ce qui pèse sur la fréquentation. Jean-François de Saussure tempère: « Les conférences internationales à Genève ne faiblissent pas, plus de 5 000 par année, et ça, ça se maintient ».

Mise en perspective

La crise au Moyen-Orient n’épargne pas Genève, mais la plateforme tient grâce à la solidité de sa chaîne logistique (Sappro, Saraco, GFS) et à l’adaptation rapide des compagnies. La fragilité liée à la contraction des organisations internationales mérite néanmoins une vigilance accrue: elle confirme l’enjeu stratégique du lien entre activité aérienne et rôle international de la région, et l’importance de conditions-cadres stables pour la Genève internationale.

Aviation suisse : une adhésion populaire

Une enquête d'envergure, mandatée par Aviationsuisse et réalisée par l'institut de recherche zurichois Sotomo, vient de livrer un verdict sans ambiguïté : la population helvétique entretient un rapport globalement positif avec son aviation. Conduite entre le 22...

lire plus