
Chaque année en avril, l’Office fédéral de l’environnement (OFEV) publie les statistiques des émissions de CO2 en Suisse portant sur l’année précédente, avec une année d’écart. Alors que le pays est en forte croissance depuis plus de 30 ans, les émissions totales sont en baisse constante, y compris dans le secteur aérien.
Entre 1990 et 2024, la Suisse a réduit ses émissions de 22,3 % (de 53,2 à 41,3 Mt éq. CO2). Dans le détail, la comparaison sectorielle montre que le bâtiment et l’industrie ont déjà largement contribué à cette baisse et que la tendance baissière se confirme dans d’autres secteurs, notamment le transport aérien.
Sur la période, le secteur du bâtiment a réduit ses émissions de 47,2 % (-7,89 Mt). C’est de loin la plus forte baisse en valeur absolue et relative. La rénovation thermique et la substitution des énergies fossiles (mazout, gaz) ont produit des résultats spectaculaires – et rappellent que le chauffage des bâtiments est historiquement le premier enjeu climatique de la Suisse.
Dans le secteur des transports, les émissions culminent en 2008 à 16,77 Mt (+12,6 % vs 1990), portées par l’essor du diesel. La baisse n’est amorcée qu’à partir de 2009, pour atteindre aujourd’hui -9,9 % par rapport à 1990.
Plus d’avions mais moins d’émissions totales
Intéressantes et très complètes, les statistiques de l’OFEV ne donnent pas le détail des émissions par mode de transport. Pour l’aviation, les données détaillent les émissions des vols intérieurs suisses, qui représentent 0,51 % du total des émissions de gaz à effet de serre du pays, soit presque deux fois moins qu’en 1990 (0,90 %).
En Suisse, on peut en déduire que le trafic est d’abord un moyen de connexion avec l’étranger, les vols internationaux représentant la majeure partie de l’activité.
Dans cette perspective, il est pertinent de considérer également les données relatives aux types de carburants afin d’estimer l’évolution des émissions. Le kérosène utilisé pour les opérations aériennes – tous types d’avions confondus – fait en effet l’objet d’un suivi spécifique dans les statistiques énergétiques.
Sur cette base, la consommation de kérosène constitue un bon indicateur des émissions du trafic aérien en Suisse. Elle représente 1,45 % de l’ensemble des carburants consommés. Autrement dit, la suppression totale de l’aviation en Suisse n’entraînerait qu’une réduction marginale des émissions de CO2.
Une baisse mesurée sur le temps long
Déjà faible comparée aux autres modes de transport, cette consommation de carburant liée au trafic aérien diminue de manière continue, reflétant les efforts du secteur – constructeurs, compagnies, motoristes – en matière d’efficience énergétique.
Cette baisse s’inscrit en parallèle d’une croissance impressionnante du trafic aérien. En Suisse, sur la période 1990-2024, le nombre de mouvements aériens a augmenté de 191 %.
Ainsi, alors que le trafic a presque triplé, les émissions de CO2 et la consommation de carburant ont diminué de près d’un tiers. Dans le même temps, Genève Aéroport est passé de 5,5 à près de 18 millions de passagers entre 1990 et 2024. Cette forte croissance, combinée à la baisse des émissions, rend cette évolution d’autant plus remarquable.
En conclusion, ces données confirment une tendance claire : la Suisse réduit durablement ses émissions, y compris dans un secteur en forte croissance comme l’aviation. Les progrès observés reposent à la fois sur les gains d’efficience des constructeurs, le développement de carburants durables et les bonnes pratiques des opérateurs – compagnies aériennes et plateformes aéroportuaires.
Dans le cadre des engagements du secteur à atteindre le
Net Zero en 2050, AERIA+ se réjouit de ces chiffres qui appuient le message de l’association sur l’importance de l’infrastructure aéroportuaire romande, comme un outil indispensable à la prospérité de la région comme au rayonnement de la Suisse dans le monde.