Genève Aéroport – une importance centrale chiffrée
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7 Sep, 2026

 3,3 milliards de francs de valeur ajoutée, près de 22’000 emplois, 2,6 % du PIB cantonal. L’étude INFRAS publiée le 3 septembre 2026 fournit aux milieux économiques et politiques une base chiffrée externe sur ce que la plateforme apporte à la région – et sur ce qui la fragilise.

Mandaté par l’Aéroport International de Genève, l’institut zurichois INFRAS a actualisé pour 2024 une évaluation d’impact qui datait de 2017. Le rapport complet compte 98 pages ; ses résultats ont été largement repris dans la presse romande. Voici ce qu’un décideur en retient.

3,3 milliards, décomposés

Le total agrège trois effets. Les 268 entreprises implantées sur le site produisent 1,66 milliard de valeur ajoutée et emploient 11’550 personnes, soit 9’770 équivalents plein temps (EPT) : c’est l’effet direct, qui équivaut à 2,6 % du produit intérieur brut du canton. Leurs achats auprès de fournisseurs régionaux ajoutent 360 millions et 1’910 EPT (effet indirect). Les dépenses de revenu des personnes employées en génèrent 1,28 milliard et 10’250 EPT (effet induit). Total : 3,3 milliards et 21’930 EPT.

La répartition géographique intéresse directement les autorités : près de 2 milliards restent dans le canton, environ 770 millions bénéficient au reste de la Suisse et plus de 550 millions à la France voisine. En emplois, la Fédération des Entreprises Romandes relève que 28 % des postes liés à l’aéroport se situent côté français – un ordre de grandeur qui donne sa mesure au caractère transfrontalier du bassin.

Ce que la comptabilité de plateforme ne capte pas

L’étude consacre son second volet aux effets catalytiques, ceux qui se produisent hors du périmètre. Le tourisme entrant en est la démonstration la plus nette : les 2,9 millions de visiteurs arrivés par l’aéroport en 2024 ont dépensé 1,7 milliard de francs, générant 1,8 milliard de valeur ajoutée et plus de 16’800 EPT. Ce montant s’ajoute aux 3,3 milliards. Sept nuitées étrangères sur dix dans le canton sont attribuables à des visiteurs arrivés par Cointrin.

L’accessibilité est modélisée avec la même rigueur. La région lémanique se classe au 19e rang des 284 régions européennes pour l’accessibilité intra-européenne, au 65e pour l’accessibilité mondiale. Quatre-vingt-cinq pour cent de son accessibilité européenne dépend de liaisons passant par Genève Aéroport – et 76 % de celle du canton de Vaud, 63 % du Valais, 80 % de la Haute-Savoie. Une simulation sans l’aéroport fait chuter l’accessibilité genevoise d’un tiers : Genève rétrograderait au niveau d’Athènes.

Deux segments chiffrés pour la première fois

L’aviation générale et d’affaires représente 330 millions de valeur ajoutée et 2’410 EPT, le fret aérien 350 millions et 2’400 EPT – des chiffres repris par l’ATS. C’est la première fois qu’INFRAS les isole. Rapportés au total, chacun pèse environ 10 % des effets de la plateforme, pour des activités qui ne relèvent ni l’une ni l’autre du trafic de ligne.

L’apport d’AERIA+

Sur le volet catalytique, INFRAS s’appuie sur des sources externes, et l’enquête menée en 2025 par AERIA+ – l’Association économique romande pour une infrastructure aéroportuaire performante – occupe une place notable.

L’étude 2025 de AERIA+ fournit, selon les termes du rapport, l’arrière-plan quantitatif des entretiens qualitatifs. Trois résultats sont retenus : 82,5 % des répondants qualifient l’aéroport d’atout majeur pour l’attractivité économique régionale ; près de 90 % estiment qu’un secteur de l’aviation d’affaires performant est essentiel au maintien de la position de Genève dans la finance, le négoce et les multinationales ; plus des trois quarts jugent ce point absolument essentiel.

Ces chiffres remontent jusque dans le sommaire exécutif, avec mention de leur source. L’association figure par ailleurs parmi les parties prenantes interrogées, aux côtés du GEM, de SuisseNégoce, de la FER et de la Chambre de commerce. Elle n’intervient en revanche pas dans le calcul des 3,3 milliards, qui repose exclusivement sur l’enquête INFRAS auprès des entreprises du site : la distinction mérite d’être maintenue.

Les points que l’étude met sur la table du politique

Le rapport ne se contente pas de valoriser. Les entreprises interrogées formulent trois critiques convergentes : l’absence de liaisons long-courriers directes, en particulier vers l’Asie ; l’engorgement au contrôle des passeports pour les voyageurs hors Schengen ; des équipements de sûreté jugés obsolètes au regard de plateformes comparables. La direction de l’aéroport indique traiter le second point et a annoncé l’étude de deux nouvelles lignes directes, vers l’Asie et l’Amérique du Sud.

En conclusion, dans sa dimension quantitative, le rapport confirme de manière chiffrée que Genève Aéroport est une composante forte des conditions-cadres qui fondent la prospérité de toute la région, bien au-delà des frontières cantonales. De manière plus qualitative, AERIA+ se réjouit que toutes les contributions confirment la dimension essentielle de la plateforme pour la position de Genève comme pôle économique et industriel de classe mondiale.

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